Présenté par

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Uditha Senaratne, B.Sc.Eng., MS, P.Eng.

Uditha Senaratne, B.Sc.Eng., MS, P.Eng.

En 11e année, dans son pays natal, le Sri Lanka, Uditha Senaratne sait déjà qu’il est particulièrement doué en mathématiques et en sciences.

À la fin de ses études secondaires, il rêve déjà d’être ingénieur.

Après deux ans à l’université, il veut devenir ingénieur en sciences nucléaires.

 

Choix surprenants

Dans le système éducatif srilankais, on enseigne aux élèves un large éventail de sujets de la 6e à la 10e année. Cependant, on s’attend à ce qu’ils décident dès la 11e année soit de bifurquer vers les sciences sociales ou la biologie, soit de poursuivre des études dans les sciences physiques, comme les mathématiques appliquées, la chimie et la physique. Le choix d’Uditha en a surpris certains, mais pas lui.

« Tous croyaient que j’allais étudier en médecine, en biologie, en zoologie ou dans un autre domaine connexe, se rappelle l’ingénieur, maintenant âgé de 50 ans. Je n’ai pourtant jamais voulu faire autre chose que des sciences physiques.

Seul mon professeur de mathématiques se doutait de ma décision. Même mes parents n’en revenaient pas! »

Il est vrai qu’à l’époque, il aime par-dessus tout la chimie (plus encore que le génie), mais les perspectives d’emploi sont loin d’être aussi reluisantes pour les chimistes que pour les ingénieurs, au Sri Lanka. Uditha s’inscrit donc en génie lorsque vient le temps de choisir un programme d’études universitaires.

« Le hasard a voulu que l’université se trouve à seulement 8 km de chez moi et possède la meilleure faculté de génie du pays », dit-il.

Dès la deuxième année de son programme de génie à l’Université de Peradeniya, après s’être familiarisé avec les diverses disciplines en génie (électrique, civil et mécanique), il décide de devenir ingénieur nucléaire.

Encore une fois, son entourage rechigne.

« Le Sri Lanka n’avait pas les moyens de se doter d’un réacteur nucléaire, et tout le monde me demandait : “Pourquoi veux-tu travailler dans le nucléaire? Tu ne construiras jamais de ton vivant un réacteur nucléaire dans ce pays.”

Je me doutais bien, à l’époque, que je ne resterais pas au Sri Lanka, mais je ne leur en ai rien dit. »

Uditha ne quittera le pays pour les États-Unis que quelques années plus tard, après avoir obtenu son diplôme de baccalauréat en génie chimique et suivi tous les cours de mathématiques fondamentales, de transfert de chaleur, de thermodynamique et d’étude de procédé requis pour s’inscrire à un programme en génie nucléaire. Il obtient ainsi un diplôme de maîtrise à l’Université d’État de la Pennsylvanie, à University Park en Pennsylvanie.

C’est grâce à ce parcours qu’il occupe aujourd’hui le poste de secrétaire technique du Comité consultatif sur la sécurité aux Laboratoires Nucléaires Canadiens (LNC) à Deep River, en Ontario.

 

Sûreté nucléaire

LNC est un chef de file mondial dans la mise au point d’applications pacifiques et novatrices en technologie nucléaire, tirant parti des avantages des technologies et des sciences nucléaires en matière d’énergie, de santé et d’environnement.

Le Comité consultatif sur la sécurité des LNC, dont la création remonte à quelques années, a pour mandat de veiller à la sécurité sur l’ensemble des sites de LNC.Trois membres externes, qui sont des cadres supérieurs expérimentés de centrales nucléaires canadiennes et de laboratoires de recherche américains, siègent au Comité consultatif et jettent un regard indépendant sur le mode de fonctionnement des LNC sur ses sites. Ils rendent compte au conseil d’administration des LNC de leurs conclusions et de leurs recommandations liées à la santé, à la sécurité et à l’environnement.

À titre de secrétaire technique au Comité consultatif sur la sécurité, Uditha doit notamment assurer la liaison avec les trois membres externes, les préparer à leurs visites des sites et répondre à leurs questions.

« Ce travail est assez administratif, explique Uditha, mais il requiert l’expertise d’un ingénieur qui peut comprendre les questions posées et y répondre. »

L’autre volet de son travail est néanmoins très technique. Uditha assure la liaison entre les LNC et le Comité consultatif sur la sécurité et travaille au Comité d’examen de la sûreté.

« L’entreprise est tenue de rassembler et de remplir un ensemble de documents extrêmement techniques relatifs à la sécurité de ses installations nouvelles ou en service, afin d’obtenir les approbations de la Commission canadienne de sûreté nucléaire.

Il peut s’agir d’analyses thermohydrauliques du flux dans le réacteur, d’une analyse sismique des effets sur les bâtiments et les structures, voire d’une évaluation métallurgique de la façon dont réagit le combustible.

La teneur de ces documents est vraiment très variée et très technique. »

Avant d’être présentés, ces rapports sont examinés par des groupes d’experts en la matière dont fait partie Uditha, compte tenu de son expérience en thermohydraulique et en génie nucléaire.

Uditha apprécie particulièrement cette partie de son travail qui met l’accent sur des détails techniques.

« Il arrive parfois, lorsque je procède à un examen et que je m’entretiens avec cinq ou six experts dans divers domaines, qu’une question en amène une autre, puis une autre, et que la réponse m’échappe jusqu’à ce que, subitement, je parvienne à faire un lien avec mes connaissances universitaires.

C’est l’aspect de mon travail que je préfère, parce qu’il me permet d’appliquer concrètement les principes que j’ai appris à l’université. »

Uditha est donc convaincu d’avoir fait les bons choix de carrière à l’école secondaire et à l’université, même s’ils en ont surpris plus d’un chez lui, au Sri Lanka.

« Nous devons nous rappeler que nous passons la moitié de nos heures éveillées au travail. Si nous n’aimons pas ce que nous faisons, nous ne survivrons pas longtemps… Il est donc primordial de faire le bon choix de carrière, et de faire quelque chose qui nous plaît. Le reste suivra tout seul. »