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Siobhan Dooley, ingénieure stagiaire

Siobhan Dooley, EIT

À l’école secondaire, Siobhan Dooley ne se doute pas qu’elle deviendra un jour ingénieure.

Elle grandit à Sioux Lookout, une petite collectivité de 5 000 personnes dans le nord-ouest de l’Ontario où la plupart des gens travaillent dans le domaine de la santé et qui dessert tout le Grand Nord.

Siobhan envisage un moment ce cheminement de carrière, mais rejette rapidement l’idée.

« Je me souviens de cette fête d’anniversaire, je devais avoir 11 ou 12 ans à l’époque, raconte la jeune femme de 26 ans. Quelqu’un s’est blessé un ongle et j’ai eu un haut-le-coeur à la vue de tout ce sang. Cet incident m’a convaincue que je n’étais pas faite pour le domaine médical. »

Elle écarte donc le secteur des soins de santé, tout en tenant à étudier dans un domaine scientifique, compte tenu de sa passion pour la chimie. Ce n’est néanmoins qu’à la fin de ses études secondaires que son professeur de chimie lui suggère d’étudier en génie.

Siobhan cherche donc des programmes de génie et porte son choix sur celui de l’Université Queen’s, à Kingston, en Ontario.

Elle n’a jamais visité de campus et ne sait pas à quoi s’attendre, mais elle se renseigne sur le programme, lit quelques témoignages, admire des photos du campus et, en fin de compte, se décide à tenter l’aventure.

« J’ai fini par adorer ça », déclare-t-elle.

 

« Je voulais faire quelque chose de pratique »

Siobhan s’inscrit d’abord au programme de chimie pour ingénieurs (engineering chemistry program) — qui est une science de l’ingénieur plus théorique que le génie chimique proprement dit —, puis, avant de commencer sa quatrième année à Queen’s, elle change de programme pour étudier en génie chimique.

« En fin de compte, je n’avais pas envie de faire une thèse sur un sujet plutôt théorique, explique-t-elle. Je voulais faire quelque chose de plus pratique. J’ai donc décidé de bifurquer [vers le génie chimique] et j’ai fini par réaliser un projet pour une installation de traitement des eaux usées à Kingston ; j’y ai pris beaucoup de plaisir, car nous devions nous rendre sur place et faire des expériences. »

C’est cet amour de Siobhan pour le côté pratique du génie qui la démarque dans son rôle d’ingénieure stagiaire chez Hatch, un cabinet de conseil qui fournit des services (notamment en ingénierie et en construction) à de nombreux secteurs à l’échelle mondiale.  

Siobhan travaille au plus petit bureau de Hatch à Sudbury, où elle a eu la grande chance d’acquérir une expérience pratique dans des installations minières en début de carrière. Elle peut interagir avec ses clients et visiter des sites miniers fréquemment, en plus de se familiariser directement avec l’équipement qui y est construit.

« J’aime me rendre sur place. Je tiens à voir de mes propres yeux l’ampleur réelle des projets, une fois la mise en œuvre et la construction amorcées.

À titre d’exemple, j’ai eu un choc la première fois que j’ai vu un broyeur à boulets : je l’ai trouvé énorme ! Je venais de Queen’s, où nous avions des mini-usines, mais je n’avais aucune idée de la taille réelle de ces choses. Lorsque j’ai vu le broyeur, je me suis dit : “Wow ! C’est fou !” Je savais qu’il était grand, mais pas à ce point : il faisait cinq fois ma taille. »

Siobhan estime qu’elle consacre environ trente pour cent de son temps sur les sites des projets — dont la plupart concernent des fonderies pour les activités de surface des sociétés minières à Sudbury. Ses journées sur le site commencent par une réunion avec l’équipe de mise en service pour réviser le calendrier de mise en service et faire le point sur les progrès des travaux. Il s’agit ensuite pour elle de décider des choses à faire et de résoudre les problèmes qui surviennent durant la journée de manière à respecter les délais de remise en service de l’équipement.

Elle passe le reste de son temps au bureau à rédiger des rapports, à rencontrer des membres d’autres disciplines afin de veiller au bon déroulement de son projet, ou encore à rencontrer des gestionnaires de projet pour les tenir au courant de l’état d’avancement des travaux.

En fin de compte, le travail de Siobhan consiste à résoudre des problèmes.

« J’aime vraiment trouver de nouvelles solutions à un problème, et j’essaie même d’en trouver plus d’une, dit-elle. C’est mon travail quotidien d’ingénieure : au lieu de me contenter de trouver une seule réponse convenant parfaitement à la situation, je m’efforce d’offrir des solutions A, B, C ou D et d’en expliquer les avantages et les inconvénients. »

 

Donner en retour

Elle espère qu’au cours de sa carrière, elle finira par assumer un rôle de gestion de projet et aura l’occasion de travailler avec les collectivités des Premières nations. Elle est elle-même membre de la Première nation St-Theresa Point, au Manitoba.

« J’aimerais vraiment avoir les Premières nations comme clients, et je pense qu’à l’avenir, en particulier dans l’industrie minière, il y aura de plus en plus de consultations entre les grandes entreprises et les Premières nations. Cette tendance peut déjà être observée, et c’est une excellente chose. »

Issue d’une petite ville du nord-ouest de l’Ontario, Siobhan  a le sens du service à la communauté et souhaite contribuer au bien commun.

Siobhan espère que — tout comme son professeur de chimie du secondaire qui l’a aiguillée vers sa carrière d’ingénieure en pressentant qu’elle y excellerait — elle pourra elle aussi devenir un catalyseur pour de futurs ingénieurs.

« Il n’y avait pas beaucoup d’ingénieurs là où j’ai grandi. C’est pourquoi je tiens tant à y retourner, afin d’y faire des présentations et de discuter du génie avec les élèves du secondaire.

Je crois en effet que, pour développer un intérêt en génie et envisager de faire carrière dans ce domaine, il faut d’abord en entendre parler. »