Présenté par

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Natasha Corrin, P.Eng., M.A.Sc.

Natasha Corrin, P.Eng., M.A.Sc.

Comme toute bonne directrice, c’est en faisant du mentorat pour ses employés en tout début de carrière que Natasha Corrin retire le plus plaisir de son travail. « J’apprécie de nombreux aspects de ma profession, mais aucun autant que l’encadrement du personnel débutant, confie Natasha, âgée de 42 ans. Les aider et les voir s’épanouir dans leur carrière est ce qu’il y a de plus gratifiant. »

Ingénieure chimiste de formation, Natasha est évaluatrice de risque principale chez Stantec, une firme mondiale d’ingénierie qui conçoit des produits pour la collectivité, en fournissant des services-conseils professionnels dans une vaste gamme de domaines, dont la planification, l’ingénierie, les sciences de l’environnement, l’architecture, l’arpentage et la gestion de projet. Les responsabilités de Natasha sont diverses, à l’image de son entreprise.

La nature des services-conseils

En qualité d’experte-conseil, Natasha doit principalement assurer la liaison avec les clients et interagir avec eux afin de bien saisir leurs besoins. « C’est important pour moi, explique-t-elle. Je veux traiter mes clients en partenaires et collaborer avec eux dans le but d’atteindre des résultats concrets. »

Son travail concerne essentiellement les sites contaminés : une fois qu’elle a cerné les besoins des clients, elle procède à l’évaluation des sites afin de recueillir des données, puis elle rédige des rapports destinés aux clients et décrivant les risques sur la santé humaine et l’environnement associés à la contamination du site.

Elle doit également travailler avec les organismes de réglementation et comprendre les règlements devant être respectés par ses clients : « Au quotidien, je fais donc progresser des projets, en assurant leur bon déroulement et en veillant à ce que chacun ne manque de rien et respecte les échéances, explique-t-elle. Bref, je fais ce qu’il faut pour satisfaire les clients. C’est la nature même des services-conseils. »

À titre d’évaluatrice de risque principale, Natasha est aussi tenue d’examiner le travail des autres et de le commenter. Il importe de ne pas oublier une autre de ses fonctions de première importance : le mentorat et l’encadrement du personnel débutant, dont elle a elle-même tiré profit plus tôt dans sa carrière.

« C’est une expérience et une occasion précieuse »

Natasha a toujours eu une affinité pour les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques STIM)  : elle a donc tout naturellement emprunté la voie qui mène à une carrière d’ingénieur. « Les mathématiques, la physique et la chimie m’intéressaient particulièrement, se rappelle Natasha, et le génie me semblait la voie tout indiquée pour continuer l’étude de ces matières. De plus, comme j’aimais suivre des cours dans les laboratoires de chimie, je me suis dit que le génie chimique était pour moi. »

Elle s’inscrit donc en génie chimique à l’Université McGill, où elle obtient un diplôme, puis elle entre à l’Université de Waterloo, où elle effectue une maîtrise en sciences appliquées (génie chimique). Après ses études, elle se trouve un emploi en modélisation géochimique des résidus miniers.

Elle effectue aussi divers travaux environnementaux et gravite autour du génie de l’environnement (même si, à cette époque, cette discipline en est encore à ses balbutiements), avant de s’orienter vers l’évaluation des risques, un domaine dans lequel elle continue de travailler aujourd’hui. C’est d’ailleurs dans ce cadre que Natasha rencontre deux chefs d’équipe — Colin Duerden et Sue Keane — qui deviendront ses mentors et avec qui elle travaillera à un projet international d’une grande importante pour le lancement de sa carrière.

En 2003, Natasha travaille pour une entreprise qui remporte un projet de planification d’urgence en cas de déversement d’hydrocarbure pour le gouvernement du Tchad. « La majeure partie du projet s’est déroulé au Canada, raconte-t-elle, mais nous avons séjourné au Tchad pendant dix jours. Cette période semble bien courte, mais ce fut toute une expérience ! » Nous avons recueilli de l’information, rencontré des représentants du gouvernement, interviewé des gens et constaté ce qui était en place et ce qui devait l’être pour que le gouvernement puisse intervenir en cas de déversement d’hydrocarbure. Nous avons rencontré un grand nombre de personnes et fait des présentations à divers intervenants, gouvernements et ONG, entre autres, dans le but d’expliquer et de justifier ce que nous faisions. »

« Le contraste était frappant entre leur réalité et la nôtre, d’ajouter Natasha. La capitale avait très peu de voies de circulation pavées et d’infrastructures, et tout était tellement différent sur le plan culturel. Ce fut une expérience et une occasion incomparables. » Natasha considère que ces expériences, ainsi que d’autres activités comme le bénévolat, sont enrichissantes. C’est pourquoi elle conseille cette voie aux jeunes ingénieurs et professionnels qu’elle encadre comme mentore.

« Chaque fois que je fais passer une entrevue ou que j’affiche un poste à pourvoir, je reçois des centaines de candidatures, et je ne peux consacrer que quelques secondes à chacune d’entre elles, explique-t-elle. Les jeunes ingénieurs doivent donc réussir à se faire remarquer, notamment par le bénévolat. Voilà les personnes qui se démarquent. »

« Pour moi, le génie consiste à résoudre des problèmes. C’est tout ce que compte, après tout : non pas de mémoriser tout ce qu’il y a à savoir, mais de comprendre qu’il importe de résoudre des problèmes, en se procurant de l’information, en la colligeant et en trouvant une solution. »

— Natasha Corrin, P.Eng., M.A.Sc.