Présenté par

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Eva Carissimi, ing.

Eva Carissimi, ing.

Dès son plus jeune âge, Eva Carissimi grandit au milieu des outils et des pièces de son père mécanicien. « Les fins de semaine, j’observais mon père monter des pièces et effectuer des réparations mécaniques, et je crois que cela a stimulé ma curiosité », raconte l’ingénieure aujourd’hui âgée de 49 ans.

C’est peut-être cette même curiosité qui alimente son amour des sciences et des mathématiques tout au long de ses études. Néanmoins, Eva n’aurait probablement pas envisagé une carrière en génie sans la suggestion des enseignants de l’école secondaire et du cégep.

Coup de foudre

« Je n’aurais peut-être pas consulté la rubrique sur les ingénieurs dans l’encyclopédie si mon professeur de sciences ne m’avait pas parlé de ce domaine, raconte Eva. » Sur les conseils de cet enseignant du secondaire, elle commence à envisager des études en génie, mais elle ne sait toujours pas quel type de génie choisir. C’est alors qu’elle fait une visite décisive à l’Université McGill dans le cadre d’une journée portes ouvertes.

« Je suis descendue du métro à la station McGill et j’ai marché jusqu’à l’université, se souvient-elle. J’ai pénétré dans le bâtiment du génie pour me trouver aussitôt dans la salle commune des mines et des métaux. Des gens m’ont accueillie et se sont entretenus avec moi : je les ai trouvés si gentils, si passionnés, que je n’ai pas quitté la salle de toute la visite. Je ne connaissais pas le génie des métaux et, avant d’entrer dans ce bâtiment, je ne savais même pas ce qu’on y faisait. Malgré cela, j’ai tout de suite eu le coup de foudre. »

Alors qu’elle est inscrite à un baccalauréat en génie des métaux à l’Université McGill, Eva décroche des emplois d’été avec quelques-uns des plus grands noms du secteur des métaux et des mines afin d’acquérir une expérience industrielle. Lorsqu’elle obtient son diplôme — à une période de très forte demande dans le secteur —, elle reçoit cinq offres d’emploi. Elle accepte le poste le plus éloigné, à la fonderie Horne de Noranda, dans le nord du Québec.

« Personne ne comprenait pourquoi je me rendais dans le nord, se souvient-elle. J’étais allée y passer une entrevue, mais mon vol de retour a été annulé à cause d’une tempête de neige. J’ai donc passé toute la soirée et toute la nuit dans la ville de Noranda. J’ai trouvé cette expérience passionnante. C’est pourquoi, à la réception des offres d’emploi, j’ai dit : “Vous savez quoi, je pense que je vais tenter l’aventure”, et je n’ai jamais regretté cette décision. »

« Un poste enviable »

Aujourd’hui, Eva dirige la plus grande usine de zinc de la partie est de l’Amérique du Nord et la deuxième de tout le continent. L’entreprise CEZinc, située à Salaberry-de-Valleyfield, à environ 45 minutes du sud-ouest de Montréal au Québec, reçoit des concentrés de zinc provenant de mines en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick, ainsi que d’ailleurs dans le monde, comme au Mexique, au Pérou, en Afrique et en Australie. À l’usine, ces concentrés sont transformés par des procédés métallurgiques en quatre types distincts de produits de zinc, qui sont ensuite expédiés à des clients au Canada et aux États-Unis.

L’industrie sidérurgique utilise ces produits pour protéger l’acier de la rouille en lui appliquant une couche de zinc. D’autres produits de zinc servent notamment à produire des piles, du caoutchouc, des pneus, des lubrifiants, des engrais et des produits pharmaceutiques. À titre de présidente et directrice générale de l’usine, Eva en dirige les 575 employés.

« Mon rôle consiste à assurer la direction afin que, d’une part, les personnes travaillant à l’usine sachent qu’elles travaillent toutes aux bonnes priorités et que, d’autre part, nous atteignions tous nos objectifs, qu’ils soient liés à la santé et à la sécurité, à l’environnement, à la production ou aux coûts. »

Ses journées commencent généralement par une rencontre avec ses quatre gestionnaires afin d’examiner les rapports sur la production et la sécurité de la journée précédente, et de s’attaquer aux problèmes à régler. Elle consacre le reste de sa journée à un certain nombre de tâches, qu’il s’agisse de budget, de RH ou d’une marche dans l’usine pour parler aux employés.

« J’ai beaucoup de marge de manœuvre dans l’exercice de mes fonctions, décrit-elle. Je dois atteindre mes objectifs en matière de production, de coûts, de santé et sécurité ainsi que d’environnement, mais j’ai carte blanche sur la façon d’y parvenir. Je pense que c’est ce que j’apprécie le plus. Il n’y a pas de modèle fixe déterminant la marche à suivre. Si quelque chose me déplaît, j’ai toute liberté de changer. Nous pouvons être très créatifs et faire les choses autrement. »

Pour Eva, c’est un poste très enviable. Un poste qu’elle ne pensait certainement pas occuper un jour lorsque, il y a de nombreuses années de cela, elle visitait le bâtiment du génie de McGill.

« Les ingénieurs construisent un monde meilleur. Nous appliquons les principes du génie pour créer un produit amélioré et un environnement propre, ainsi que pour résoudre des problèmes liés à la santé et à la sécurité. Aucune autre profession n’est autant au service de la société que le génie. »

  • Eva Carissimi, ing.