Présenté par

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Claude Rollin, P.Eng., ing, niganombakonigewinini

Claude Rollin, P.Eng., ing., niganombakonigewinini

Lorsque Claude Rollin se promène en voiture aux alentours d’Ottawa, de Gatineau, de Mont-Laurier ou de Caraquet, il n’a qu’à regarder autour de lui pour s’enorgueillir du travail accompli au cours de sa vie.

« J’ai contribué à la construction de la plupart des bâtiments érigés sur un vaste territoire au cours des 40 dernières années, raconte l’ingénieur civil de 63 ans. Aujourd’hui, il m’arrive encore de passer en voiture à côté de certaines constructions et de me dire : “J’ai travaillé sur cet édifice, sur cette route”. J’avoue en tirer une certaine satisfaction. »

À titre d’ingénieur civil au Conseil Tribal de la Nation Algonquine Anishinabeg (CTNAA), Claude continue de bâtir les collectivités autour de lui.

 

« Un vaste domaine »

Le CTNAA fournit une aide et des services à sept communautés algonquines du Québec : Abitibiwinni, Eagle Village, Kitcisakik, Kitigan Zibi, Lac-Simon, Long Point et Timiskaming.

Dans le cadre de ses fonctions d’ingénieur civil du CTNAA, Claude agit comme conseiller technique de ces communautés pour leurs projets d’ingénierie.

« Ces projets peuvent porter sur la collecte des ordures, l’approvisionnement en eau, les égouts ou la construction et la réparation des rues, explique-t-il. Je dois parfois négocier avec la municipalité voisine où ces communautés achètent des services, ou négocier avec le gouvernement provincial. Il m’arrive également de travailler à la construction de nouveaux bâtiments ou à toute autre chose. Le génie est un vaste domaine. »

Il travaille notamment sur trois projets d’infrastructure hydraulique et à la construction d’une patinoire couverte à Kitigan Zibi, en plus de contribuer à d’autres dossiers : un plan d’investissement quinquennal, des règlements de zonage et l’extension de la canalisation d’aqueduc et d’égout à Lac-Simon; la construction en cours d’une usine de traitement des eaux usées à Eagle Village; l’agrandissement du bâtiment du centre de santé de la Première nation de Timiskaming, la modernisation de leur usine de production d’eau potable, ainsi que la planification d’un nouveau projet de développement incluant 100 terrains à bâtir.

C’est cette variété que Claude apprécie tant dans son travail.

« Je commence chaque jour de travail sans savoir avec certitude ce qui m’attend. »

Il lui arrive même, lorsqu’il arrive dans une communauté algonquine du Québec, de ne pas savoir s’il doit s’adresser à ses habitants en français ou en anglais, car ces communautés fonctionnent tantôt dans une langue, tantôt dans l’autre.

Claude ne s’ennuie jamais au milieu de toute cette variété de projets et de langues.

 

Conseil à l’intention des jeunes ingénieurs : « Faites travailler vos méninges »

Claude s’inscrit au programme de génie civil à l’Université d’Ottawa en 1970.

« À l’époque, l’Université d’Ottawa offrait des programmes en génie civil, chimique, mécanique et électrique, se souvient-il. Un ordinateur à peu près aussi puissant que mon portable occupait un étage complet et son fonctionnement nécessitait quatre personnes. On n’avait donc pas autant de choix qu’aujourd’hui. »

Il choisit le génie, car, à ses yeux, ce domaine s’apparente à l’industrie de la construction, où travaille son père et où il travaillera lui-même comme ouvrier durant l’été, tout au long de ses études universitaires.

Après l’obtention de son diplôme, il travaille dans un premier temps à la construction de la phase III de la Place du Portage, un ensemble d’édifices gouvernementaux situés juste de l’autre côté de la rivière des Outaouais, à Gatineau, au Québec. Il est ensuite engagé par une firme de géotechnique et déménage à Caraquet, au Nouveau‑Brunswick, puis, quelques années plus tard, à Mont-Laurier, au Québec, toujours pour le compte de la même firme. Lorsque celle-ci ferme ses portes, Claude crée sa propre entreprise, qu’il dirigera pendant huit ans. Enfin, en 2004, il commence à occuper son poste actuel au CTNAA.

À la lumière de son parcours, Claude est d’avis que sa profession a parfois évolué en dépit du bon sens.

« À l’université et dans les premiers postes que j’ai occupés, les outils de notre profession étaient la règle à calcul, le crayon et le papier, dit-il. Nous devions nous assurer que la réponse trouvée correspondait à la réalité.

Aujourd’hui, les gens entrent des nombres dans l’ordinateur et traitent la réponse obtenue comme parole d’évangile. Pourtant, un ingénieur qui compte trop sur son ordinateur finit par perdre tout bon sens et toute capacité de sentir si la solution trouvée convient ou non. »

Que conseille-t-il aux jeunes ingénieurs ?

«Supposez que votre ordinateur tombe en panne. Que faites-vous ? Faites travailler vos méninges. »

Ainsi, les ingénieurs posséderont la confiance et l’ensemble de compétences requis pour bâtir durablement le monde qui les entoure.

Son dernier conseil ?

« Trouvez un travail que vous aimez et faites-le bien », recommande Claude, qui prêche certainement par l’exemple ici.

« Le génie, c’est toute ma vie. Je travaille dans ce domaine depuis près de 42 ans, sans jamais cesser d’être ingénieur. Je ne saurais pas faire autre chose. »